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ITALIE | Pour l’amour de saint Dominique: Réflexions d’un prêtre diocésain dominicain

Updated: Dec 12, 2021



Je ne peux cacher mon émotion lorsque je pense aux événements et aux découvertes qui m’ont amené à tomber amoureux de saint Dominique et à faire profession dans une fraternité sacerdotale de saint Dominique de la province romaine de Sainte Catherine de Sienne en juin 2021. Je suis convaincu que le Seigneur m’a dévoilé sa tendresse dans chacun des événements et des échanges dont je vais parler. Parce que mon cheminement vers l’Ordre dominicain a été inattendu et sinueux, je commencerai mon histoire en me présentant tout simplement.


Je m’appelle Alessandro Caserio, j’ai 39 ans et je suis actuellement prêtre diocésain, vicaire de la paroisse de Santa Maria Madre del Redentore à Tor Bella Monaca à Rome. Après avoir obtenu un baccalauréat en théologie à l’Université pontificale du Latran, je termine actuellement mes études de liturgie à l’Université pontificale de Sant Anselmo.


Je suis né et j’ai grandi à Rome. Dès mon plus jeune âge, j’ai pu expérimenter la beauté de la foi à travers la famille que le Seigneur m’a donnée : ma mère Anna, mon père Carlo et ma sœur Pierangela. La maison où j’ai grandi a toujours été, et est encore aujourd’hui, un lieu de rencontre concrète avec le Seigneur. Sans l’exemple de la foi et de l’amour gratuit que mes parents m’ont donné, peut-être n’aurais-je jamais choisi de consacrer ma vie au Seigneur. J’ai également fait l’expérience de la beauté de la foi dans la communauté paroissiale de San Felice da Cantalice, confiée aux frères mineurs capucins dans le quartier Centocelle de Rome. C’est là où j’ai reçu tous les sacrements de l’initiation chrétienne, où j’ai fait ma première expérience de service en tant qu’enfant de chœur à l’âge de neuf ans et où j’ai ensuite poursuivi le chemin du service, d’abord comme ministre adulte, puis, à partir de 2001, comme acolyte. Mon ministère d’acolyte a été particulièrement formateur parce qu’il m’a souvent amené à visiter les malades, à rencontrer les pauvres et à répondre de manière extrêmement concrète à leurs besoins spirituels et matériels. Ce faisant, j’ai découvert que le service du peuple de Dieu enrichissait ma vie, non seulement en me donnant quelque chose à faire pour les autres, mais aussi en me façonnant intérieurement et en nourrissant ma compassion. Mes années à Centocelle ont été fondamentales pour ma vie de foi.


Pourtant, au cours des années qui ont suivi, j’ai choisi de poursuivre une vie motivée par la réussite matérielle. J’ai commencé par travailler dans divers magasins et bureaux publics tout en faisant des études d’architecture à l’université Sapienza de Rome où j’ai obtenu mon diplôme en 2009. Ensuite, j’ai travaillé pour une entreprise américaine prestigieuse qui me payait bien et je me suis fiancé avec une fille de ma paroisse d’origine qui partageait mes rêves, mes projets et mon chemin de foi. Il semblait que j’avais tout réussi : j’étais heureux tant sur le plan professionnel que sur le plan affectif. Mais ce sentiment a vacillé et, précisément pendant cette période, j’ai perçu une insatisfaction toujours croissante. Après une longue période de discernement spirituel, j’ai compris que le Seigneur me demandait de le suivre d’une autre manière et de vivre une vie différente de celle que j’avais moi-même planifiée : il m’appelait à devenir prêtre diocésain. Par conséquent, en 2012, j’ai entrepris la formation pour les ministères ordonnés au Grand Séminaire Pontifical de Rome situé près de la basilique de Saint Jean de Latran et, le 12 mai 2019, le pape François m’a ordonné prêtre à la basilique Saint Pierre du Vatican.


Mon histoire peut sembler simple mais elle ne l’a pas vraiment été. Lorsque j’ai décidé de quitter mon travail d’architecte pour entrer dans les ordres j’étais habité par de nombreux doutes. Je me sentais non seulement inadapté à la vocation à laquelle le Seigneur m’appelait, mais j’avais aussi peur d’abandonner tout ce que j’avais construit au cours de longues années d’études et de travail. Pourtant, par la grâce de Dieu, j’ai trouvé la force de faire un saut dans l’obscurité et, dès les premiers jours du séminaire, l’obscurité a commencé à se changer en lumière et j’ai respiré une paix et une sérénité que je n’avais jamais ressenties auparavant. Jour après jour, j’étais plus sûr que le Seigneur m’appelait effectivement à une vie de prêtre diocésain. Pourtant, simultanément, une inquiétude grandissait en